Origine et histoire du Château de Besse
Le château de Besse est situé dans le village de Besse, en Dordogne, dans le Périgord noir (région Nouvelle-Aquitaine), et bénéficie d’une protection au titre des monuments historiques. Un château médiéval, implanté près de l’église Saint-Martin, fut détruit pendant la guerre de Cent Ans. Un nouveau château fut alors édifié ex nihilo sur un plateau au‑dessus du village, au sud‑est, par Gabriel de Gauléjac, seigneur de Puycalvel et de Besse, avant 1560 selon Jean Secret. Gabriel de Gauléjac, qui avait épousé Gabrielle de Vabres, fille de Michel de Vabres, aurait pu racheter la seigneurie grâce à la dot et à une avance sur succession. Dès 1563 on prévoit du bois pour les cheminées ; en 1564 l’édifice paraît apte à la défense et un contrat passé en 1571 au « château neuf » indique qu’il est alors habité. Des garnisons rémunérées par le seigneur occupent les travaux en 1580 et 1587, période pendant laquelle les travaux semblent interrompus, et le château est endommagé par les huguenots lors des guerres de religion. Gabriel de Gauléjac meurt en 1588 ; son fils Jean‑Marc, qui épouse Marie de Gironde, reçoit en 1600 une dot importante qui permet de reprendre les travaux. Le pavillon d’entrée et les deux tours rondes sont entrepris avant 1616 par le maçon Jean de Saint‑Avit. L’étude de Gilles Séraphin distingue quatre campagnes de construction : une première campagne achevée avant 1563 concernant les deux premiers niveaux du pavillon sud et la partie du logis adjacente ; une seconde, avec un maître d’œuvre différent, portant sur le pavillon nord et la partie voisine du logis et permettant l’habitation vers 1571 ; une troisième phase consacrée aux couronnements, avec des modillons cannelés simulant des mâchicoulis et ayant entraîné la troncation du pavillon de l’escalier ; enfin une quatrième phase correspondant au pavillon d’entrée encadré par deux tours rondes, accomplie avant 1616. Jeanne Marqueze de Gauléjac, héritière, épouse en 1648 Jacques‑Victor de Touchebœuf ; de ce mariage naissent trois filles, et parmi les descendants se trouve Louis‑Jacques Chapt de Rastignac, archevêque de Tours. Les Clermont‑Touchebœuf entreprennent des restaurations sous le règne de Louis XV. La succession donne lieu à un litige entre branches de la famille Touchebœuf ; François III de Touchebœuf obtient la terre et la seigneurie de Besse en 1699, conclut un accord en 1701 et meurt en 1704. Son fils Jean‑Baptiste‑François rend hommage en 1733 pour plusieurs seigneuries dont Besse et meurt en 1761 ; parmi ses héritiers figurent Jean‑Baptiste (né en 1726) et Jean‑Alexandre‑Emmanuel‑Marie (né en 1760), ce dernier ayant été convoqué à l’assemblée de la noblesse du Quercy et émigrant pendant la Révolution, puis auteur d’un mémoire en 1794 décrivant ses seigneuries. Le château actuel, bâti au XVIe siècle puis restauré et agrandi à partir de 1616, s’organise autour d’une cour carrée protégée par un pavillon d’entrée avec pont‑levis, flanqué de deux tours rondes qui bornent le mur est. En vis‑à‑vis se trouve un grand corps de logis ponctué de deux pavillons ; des bâtiments agricoles et des courtines relient le logis au côté est et deux larges terrasses, accompagnées de leurs murs, se déploient vers l’est. L’aile ouest du logis comporte deux niveaux et est encadrée par deux pavillons à trois niveaux, coiffés de toits à quatre pans. Le château a été inscrit au titre des monuments historiques le 22 février 2012.